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Papaver Somniferum ou « l’ opium légal » qui remplace les champs de Maïs …

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Instant de pause au retour d’un shooting de « p’tit bidon », cela faisait longtemps que ces fleurs géantes appelaient mon objectif et ce jour-là je n’ai pas pu résister …
C’est chouette ces pétales qui dansent au vent et tous ces mini insectes (dont je n’ai pas réussi à trouver le nom  :( ) qui s’y promènent …

Pendant le développement de ces images, plusieurs choses m interpellent  , mais ce pavot n’est pas cultivé en aussi grande quantité juste pour saupoudrer quelques baguettes de pain de petites graines noires ? … Est-il le même pavot que celui servant à fabriquer l’opium, l’héroïne, la morphine, la codéine …. ? Sert – il à ça ? Mais non !!! Impossible !!!

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La réponse est oui : ces champs de « coquelicots géants blanc rose » que l’on croise dans la région en empruntant quelques axes routiers, peu fréquentés, sont bien des Papaver Somniferum .

L’image que j’avais de la plantation colombienne, gardée par des « vrais méchants » armés jusqu’ aux dents vient de s’écrouler …

Le Papaver Somniferum se décline en deux variétés :

  • Papaver Somniferum var. album – le « pavot blanc » ou « pavot à opium ». Fleurs à corolles blanches contenant des graines d’un blanc jaunâtre. Très riche en morphine, il s’agit de la variété de pavot cultivée principalement pour en extraire le latex servant de base à la fabrication d’opium puis d’héroïne.
  • Papaver somniferum var. nigrum – le « pavot noir », « pavot œillette » ou encore « pavot bleu », utilisé dans les cultures officiellement destinées aux laboratoires pharmaceutiques, mais aussi cultivé pour ses graines et ses qualités esthétiques. Mais cette variété peut entre également être utilisée pour produire de l’opium et donc de l’héroïne.

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Je ne pensais pas que faire ces images de ces quelques « danseuses in the wind » , m’aurait entrainé dans les lourds secrets de l’industrie pharmaceutique française , me volant ainsi quelques heures à googliser afin de trouver quelques réponses à mes questions. (…quelques heures dans la peau d ‘ Erin Brockovich.. ;) )

J’ai ainsi découvert que France est le 3e producteur mondial d’opium légal à partir de pailles de pavot, avec 21% de la production, derrière la Turquie et l’Australie.
Il est cultivé en Champagne-Ardenne, dans le Centre et en Poitou-Charente, afin d’en extraire les principaux alcaloïdes contenus dans cette plante : la morphine, , la codéine, , la papavérine,  et la thébaïne.
La raison pour laquelle le véritable pavot à opium (Papaver somniferum var. album) n’est pas utilisé dans les cultures officielles est probablement la volonté de ne pas laisser en accès libre des plantes à haut potentiel psychoactif. Ce choix permet également de récupérer et commercialiser les graines de la plante, qui sa dénuée d’alcaloïdes opiacé, une fois nettoyée, celle de la variété album présentant un potentiel nutritionnel moindre.

C’est Francopia, filiale de Sanofi-Pasteur, qui assure la récolte, le transport et la transformation des Pavots, garantissant des revenus parfois 2x plus important que pour les autres cultures, avec une gestion encadrée , suivie et bien moins lourde pour les exploitants vu qu’ ils n’ ont pas, entre autre ,à moissonner eux-mêmes . Dopage pour l’agriculture française qui assure aux exploitants un rendement entre 800 € et 1200 € par hectare, contre 600 € par exemple pour les tournesols.

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Dans tout ce que j’ai pu lire à ce sujet, il est clairement spécifié que les champs sont censés être gardés et surveillés, que les sites de cultures sont tenus secrets afin de prévenir tout risque de détournement à des fins de production d’héroïne . J’y suis restée environ 45 min , bien visible des deux routes limitrophes et personne ne s’est inquiété de savoir ce que j’y faisais …

En quelques clic sur le net, n’ importe qui peut apprendre qu’il est facile d’extraire simplement de l’opium et comment le faire correctement , et même si la transformation en morphine puis en héroïne font appel à des formules chimiques des plus complexes , l’augmentation chaque année du nombre de champs de pavot et de leur visibilité va obligatoirement attirer l’attention …

Ces dix dernières années, la superficie totale des cultures de pavot s’est étendue de 43 % en France, pour atteindre les 11 000 hectares et cela fait beaucoup d’hectares pour réussir à les « cacher » correctement …

 La France, qui diabolise,entre autre, la production de cannabis à des fins thérapeutiques, produit donc bien cette plante dans le sol français, générant un chiffres d’affaires conséquent,en  la laissant  en « libre accès  » .

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Quelques liens qui m ont servis pour cet article :
http://www.larecherche.fr/savoirs/portfolio/opium-legal-produit-france-01-05-2005-69854

http://www.psychoactif.org/psychowiki/index.php?title=Papaver_somniferum_%28Pavot_%C3%A0_Opium%29,_effets,_risques,_t%C3%A9moignages#cite_note-WikiPapaver-4
www.charentelibre.fr/2013/07/11/du-pavot-pour-doper-l-agriculture,1845468.phphttp://www.larecherche.fr/savoirs/portfolio/opium-legal-produit-france-01-05-2005-69854
http://www.analgesique.wikibis.com/pavot_somnifere.php

 

 

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